08 mai 2007

Anji Bai Cha


Malgré mes récentes incursions effrénées dans le monde du puerh, je goûte volontiers les sublimes délicatesses des thés verts de Chine afin de célébrer la fraîcheur des nouveaux arrivages printaniers.

Le Anji Bai Cha est ce type de thé qui, je trouve, nécessite beaucoup de calme et d'espace pour le déguster. Ce matin, parmi les rayons de soleil filtrés par les rideaux de ma chambre à coucher, le début de l'été aux bourrasques chaudes m'a appelé à travers ce thé... l'ambiance était parfaite pour le rencontrer.

Provenant des montagnes adjacentes au village de Anji au nord de la région du Zhejiang, le Anji Bai Cha est cultivé à une altitude d'environ 500 mètres. Certains croient qu'il est issu d'un croisement entre le théier de Long Jing et une variété de théier à thé blanc. Toujours est-il que je lui trouve assurément des similitudes avec ces deux derniers types de thé, ce qui me permet de croire à cette possibilité.

Ses grandes aiguilles, bourgeon et première feuille uniquement, rappellent les aiguilles de pin. Des parfums intenses de fleurs cuisant sous le soleil de midi, de la sueur doucereuse de notre bien-aimée au cours d'une marche en montagne et même de démarcation territoriale du chat de la voisine, émanent de ses feuilles sèches d'un beau vert émeraude. Il y a quelque chose de très suave et poignant dans leurs arômes. Pas beaucoup de mystères s'annoncent, quelque chose de simple mais fatalement attirant.


La liqueur est pâle, beige à jaune très clair. Des arômes de noix fraîches, de fleurs timides et de chair de volaille viennent d'abord s'introduire. Dès la première gorgée, c'est la texture qui surprend: soutenue par des notes de gras de peau de volaille et de tournesol, l'impression qu'offre cette liqueur grasse persiste pour les trois premières infusions. Le pois vert, le cajou, la graine de lin et l'asperge blanche viennent nous rappeler que c'est bien un thé que l'on boit et non du jus de poulet... D'une bonne persistance en bouche, ces arômes subtils viendront tout de même qu'à s'évanouir de même que l'épaisseur oléagineuse au courant des infusions successives, pour laisser place à une liqueur douceâtre, gracieusement chlorophyllée, à la légère amertume du cacao.

Les feuilles, une fois infusées, ont la beauté même du printemps. On dirait que les cueilleuses viendrait tout juste de les récolter directement du jardin le matin même.

Ce thé est d'une finesse suave. Il nécessite presque de le boire à jeun. Ses notes grasses et parfumées à la fois lui donnent un aspect gracieux et réconfortant. Je lui ai trouvé quelque chose de très amical (la sueur de ma chérie ou le pipi de minet peut-être!). Il se révèle, se donne puis se fatigue assez rapidement. Très délicat, ce n'est pas le type de thé que je déguste régulièrement, mais il est un de ces thés dont on se rappelle longtemps une fois en avoir bu.

4 commentaires:

Philippe a dit…

La photo du haut est vraiment très belle ! C'est toi qui la prise ?

Sacha a dit…

Oui Philippe, inspiration soudaine entre deux gorgées...

basquiat a dit…

S'est aussi un thé que je trouve a part. Il faudrait que t'essaies de boire se thé dans un verre de préférence sans pied et assez long en hauteur. Voir les feuilles "tomber" au fond du verre est presque une espérience zen.

Autrement on m'a dit que s'était un thé qu'on avait redécouvert il y a pas longtemps en chine (environ 30ans) et qu'a la base s'est un théier plutôt fait pour porduire du thé blanc mais qu'on laisse secher les feuilles (et pas que les bourgeons) comme un thé vert. Pour faire une explication très grossière. S'est en parti pour ça que l'on peut retrouver se thé dans la categorie thé blanc ou thé vert selon les maisons de thés...

La personne qui m'a fait découvrir se thé m'a dit que s'était le thé le plus féminin du coup se que tu décris de volaille a surement une autre saveur pour moi. Comme quoi le thé a aussi la valeur de celui qui le vend. Cependant je vais reboire avec plus de détachement comme libéré d'une vision d'un autre. Je te remercie.

Sacha a dit…

Merci Basquiat,

C'est vrai que ce thé est tout de même féminin, dans sa grâce mais aussi dans sa chaleur et sa lumière...quant au gras de poulette, n'en parlons plus! Le zhong en verre m'a tout de même donné un aperçu de ce que tu me suggérait.