29 décembre 2007

Bonne année à vous tous!


post-dégustation, première mise en ligne par Sacha-san.

Je vous souhaite une année remplie de dégustations merveilleuses, de découvertes inspirantes et beaucoup de plaisir avec vos êtres chers (et vos théières!). Que l'année 2008 nous apporte des galettes encore meilleures! À bientôt!

26 décembre 2007

Le Zhong heureux


Zhong peint à la main, première mise en ligne par Sacha-san.

On m’a suggéré de rebaptiser mon blog « le zhong encroûté »… Il est vrai qu’après plus d’un mois d’absence, on pourrait croire que le thé a tout simplement quitté ma vie, mais au contraire, il y est encore plus présent que jamais. J’ai tout simplement eu le désir de passer moins de temps face à un clavier d’ordinateur et un peu plus devant ma nouvelle table à thé que je viens de fabriquer.


J’ai imbibé mon corps et mon esprit de liqueurs merveilleusement parfumées, pratiqué maintes expériences, phantasmes qui au cours du voyage me tenaient parfois éveillé en pleine nuit. Disons que j’ai repris le temps perdu… au centuple! Aussi, je renommerais plutôt volontiers mon blog « le zhong comblé ».

Mon retour au Camellia Sinensis fut des plus rapides, dès mon arrivée de voyage. Ce fut avec un plaisir immense que je retrouvai une équipe encore plus passionnée pour le thé (avec surtout un nouveau vent d’appréciation pour le Pu-erh qui était loin d’être aussi populaire il y a de cela moins d’une demie année), que nous organisons entre collègues des dégustations hors des heures de boulot, que nous échangeons de plus en plus nos expériences quotidiennes d’infusion et de dégustation. La tornade de consommation du temps des fêtes nous a quelque peu ralenti dans nos découvertes de groupe, mais nous pourrons recommencer nos rencontres à partir de janvier.

Philippe de La Galette de thé et Stéphane de Tea Masters écrivaient sur leurs blogs respectifs, il y a quelques semaines de cela, au sujet de la cuisson de certains wulongs de Taiwan, notamment du Tung Ting. Une récente découverte pour moi fut de cuire moi-même quelques-uns de mes wulongs que j’avais conservés de mon mieux depuis le printemps mais qui semblaient quelque peu éteints (on le sait bien, habituellement, moins de deux semaines après avoir ouvert l’emballage « sous-vide » de wulongs peu oxydés, on peut s’apercevoir que leur fraîcheur nous quitte déjà…). Le four électrique à wulong qu’Hugo a rapporté de Taïwan au cours d’un de ces voyages m’a permis de faire quelques expériences de température et de durée, de 80C à 100C, d’une heure et demie à 14 heures selon les thés. Yu Shan, Li Shan, Shan Linhsi, Ali Shan, tous ressuscités! Et avec en plus des notes réchauffantes, pour la saison froide, de biscuits ou encore de miel d’automne par exemple. Je vais pouvoir cesser de me presser pour boire mes wulongs, de crainte qu’ils s’épuisent rapidement. J’ai tout de même eu des ratées dans le lot de mes tentatives : Un Li Shan du printemps 2006 que j’ai cuit un peu trop, que j’ai emporté au-delà de ses limites… ma mère se fait cependant un plaisir de le boire! Et puis un vieux Qi Lan que je m’étais procuré avant même mes débuts à la maison de thé (sûrement de 2003) et qui, malgré le défibrillateur pour le ranimer, avait déjà passé la limite de son âge!


Pour les Pu-erh, je viens tout juste de mettre la main sur quelques boîtes en terre pouvant contenir de trois à quatre galettes de grande taille (la YiWu 2003 de 500g de TM entre aisément) chez un petit importateur de théières de Yixing qui se rend en Chine à chaque année. D’ailleurs, il m’a aussi donné la chance de me procurer quelques galettes de ce très bon Pu-erh sheng de 2006 qui pour son prix gentil me donne beaucoup de plaisir. Un fruité qui me rappelle la Feng Qing 2003 mais en plus vert bien évidemment. Montagne? Mystère. Factory? Aucune idée… C’est le goût qui compte! Et puis un certain Cha Qi est présent. J’aime l’inconnu (jusqu’à un certain degré!).

19 novembre 2007

Déballage


"Petite duanni, ne t'inquiètes pas... si tu émerges enfin de ces cartons qui n'en finissent plus, c'est bien afin de célébrer avec moi, même parmi ce chaos, les briques de 2000 de Stéphane."

J'arrive enfin à vous écrire quelques lignes avant de retourner au travail. J'ai du mal à trouver du temps afin de m'installer dans mon nouvel appartement mais l'essentiel est maintenant à portée de main: bouilloire, zhong, quelques théières, ouvre-boîte, assiette (1)...! Il va sans dire que je me suis rapidement repris pour tous ces jours outre-mer sans la moindre goutte de thé.

Pour ceux à qui ça intéresse, je vais résumer rapidement le reste de nos péripéties en France:


Donc, après avoir été complètement fanés par notre aventure italienne, nous sommes montés en Savoie dans un petit village savoyard (Bellentre) afin de se reposer dans un gîte rural pendant deux semaines (grâce aux tarifs de basse-saison, je dois l'avouer). Klémentine et moi avons pu retrouver notre rythme au quotidien, se préparer des repas sains comme nous en sentions le besoin, dormir (beaucoup), faire du yoga, marcher sur les petits chemins, lire sur la terrasse face au sud. La belle vie dans un cadre pur et enchanteur...



Comme toute bonne chose a une fin, est venu le moment de retourner sur une ferme de l'association WWOOF qui, en échange de quelques heures de bénévolat par jour, nous offre le gîte et le couvert. C'est dans la Drôme que nos hôtes eurent la gentillesse de nous recevoir. Deux semaines à dormir dans une superbe yourte, installée en plein milieu du jardin bio de ce gîte à la ferme qui produit aussi du miel, des légumes et, surtout, sert de preuve tangible "qu'une maison entièrement conçue avec des matériaux écologiques et alimentée par des énergies renouvelables (solaire, éolienne, eau de pluie, etc...) est tout à fait réalisable". Belles discussions et échanges épanouissants, travail intéressant au jardin pour ma part, à la cuisine surtout pour Klémentine.







Pour la dernière semaine...? Ah! J'ai tellement aimé le concept du gîte rural et avec les bidoux qui nous restaient, nous nous sommes payé un super logis en Provence près de Carpentras, encore dans un petit village typique (Bedoin), pour profiter des derniers moments d'un automne au soleil ( nos parents nous avaient prévenus: il faisait déjà moins de 5 degrés à Montréal!). Même histoire: repos, miam miam, etc... La dame très gentille à qui appartenait ce gîte était un amour. Elle nous appréciait beaucoup, nous a fait goûter à plein de trucs locaux, nous apportait du raisin muscat de sa vigne presqu'à tous les soirs, nous a offert les 3 dernière nuits gratuitement... Et puis, il y avait les parties du mondial de rugby! Moi qui n'a pas la télé à la maison, je me suis vraiment régalé! Ça ne m'a tout de même pas empêché de passer des heures entières au soleil chaudasse venant nous caresser et nous donner la dose nécessaire d'énergie pour ensuite passer l'hiver canadien grisounet.



À un moment, nous avons cru avoir la chance d'aller faire une visite à Guillaume (Tamaryo) à Toulon mais, le voyage bohêmien étant ce qu'il est (et surtout à deux!), je n'ai pu réaliser ce désir.

Voilà! En gros, je pense que tout y est... La boucle est fermée, la tasse est remplie, tout l'monde est heureux!

09 novembre 2007

Retour au bercail...


...C'est avec un plaisir immense que je retrouve un toit et un clavier afin de vous rejoindre. Tant de choses se sont passées depuis mon dernier article... je pourrais vous raconter des pages et des pages d'aventures mais, en toute franchise, j'en reviens tout simplement à la tasse de thé que je porte à mes lèvres en vous écrivant: tout l'univers y est contenu, je suis comblé, ce voyage vaut bien toutes les escapades du monde.

13 septembre 2007

De retour en France, eh oui déjà, notre périple en Italie fut plus bref que prévu. L'endroit où nous avons été reçus était très typique de la région, oliviers, vignes, jardins, ânes et chevaux... c'était un site de rêve pour quiconque veut se frôler aux beautés toscanes. Cet endroit aurait pu être paradisiaque si... Ce sont nos hôtes qui nous ont boulversés par leur froideur. J'ai passé des jours entiers, seul, à tailler des gourmands d'oliviers (je n'en pouvais plus, j'en vois encore en cauchemard!) sans sentir de leur part la moindre reconnaissance. Klémentine quant à elle a subit à peu près le même sort mais à ramasser des résidus de défrichage à la fourche. Ah! les repas étaient mémorables certes, mais comme l'ambiance était nocive!!! Ecoeurés par leur attitude arrogante et corrosive, nous avons décidé de nous tirer vite fait, une semaine plus tard. Fatigués physiquement et émotionnellement, nous avons alors pris la meilleure décision du monde... retourner en France, par les Alpes, pour se louer un tout petit gîte rural en Savoie. Repos. Repos. Repos. Vue panoramique (désolé, appareil photo en panne de jus), bouffes bien arrosées, moments intimes en toute quiétude... Le petit village de Bellentre accueille donc présentement les deux voyageurs les plus heureux qu'ils aient peut-être connus! La cloche du petit village sonne à chaque demie-heure, comme pour nous dire: "Est-ce que vous vous rappellez de savourer ce moment si précieux?" Oui, je le confirme. Il nous reste encore une semaine à cet endroit. C'est magique.

29 août 2007

Viva Italia!

C'est avec le coeur serré que nous quittons aujourd'hui cette famille cévenole fort attachante avec qui nous avons passé un mois. Cet après-midi c'est le grand départ pour notre prochaine étape: la Toscane. Nous sentions le besoin de baigner dans une autre culture, d'entendre parler une autre langue (Klémentine pourra pratiquer de nouveau son italien), découvrir de nouveaux paysages. Nous sommes attendus par une communauté vivant au creux d'un volcan depuis longtemps éteint qui était sacré pour les Etrusques et qui est devenu aujourd'hui une réserve naturelle luxuriante. Cette ferme bio, qui offre aussi des stages de yoga à des groupes, se concentre surtout sur une petite production viticole et d'huile d'olive. Un jardin complète le tout. Ils sont végétariens... j'ai donc fait ma cure de sanglier avant de partir et suis maintenant tout à fait prêt à me décrasser!!! Tout près de Sienne et de Florence, je crois que nous aurons la chance des faire des visites magnifiques. Arrivederci!

24 août 2007

A défaut de maringouins...

La France m'offre habituellement le plaisir de pouvoir tranquillement lire un livre sous un arbre ou faire une ballade en forêt sans être dévoré par les foutus moustiques qui me pourrissent l'été au Québec... un petit détail qui me charme beaucoup. Cependant, voici la trouble-fête qui nous hante, ici sur la ferme: la puce. Karine est littéralement mitraillée de morsures. Nos nuits sont sporadiquement écourtées par des sessions de grattages intensifs. A chaque montée à la bergerie ou au poulailler, ces petits êtres embarquent dans nos chaussures pour ainsi nous accompagner affectueusement à journée longue. Elles piquent sans relâche, se cachent dans les draps ou sous le lit le soir venu pour pondre leurs oeufs. Ainsi les puces du clan du lit "des Canadiens" semblent former, générations après générations, leur caractère bien à elles avant de peut-être tenter de mixer leur génétique avec celles du clan de Ségolène ou de Romain (nos voisins de mezzanines)!!! Les attraper nécessite rapidité et ruse. J'ai appris à les noyer plutôt que d'essayer de les écraser... Ce sont vraiment des bêtes pas sympa du tout! Et en plus, on ne les voit pas. Au moins, lorsque nous quitterons la ferme mercredi prochain, celles qui tenteront de nous suivre dans nos chaussettes ou notre sac à dos trouveront le temps long après quelques jours sans animaux (qu'elles préfèrent tout de même en bout du compte... comme c'est difficile de se savoir bouche-trou en plus de se gratter!).

17 août 2007

Depuis que nous sommes arrivés dans les Cévennes, montagnes à la terre souvent ingrate où les caillous règnent, buis et ronces qui se battent pour les rares gouttes de pluie, je comprends mieux pourquoi il n'y a presque uniquement des chèvres que l'on voit paitre. Contrairement aux vaches ou aux moutons, les chèvres mangent presque de tout, des plantes épineuses et sèches aux branches des arbres où elles grimpent parfois de manière acrobatique. Les amener dans les collines est une tâche merveilleuse qui requiert vigilance, instinct et patience. J'adore les observer, déceler leurs différentes personnalités, les voir se délecter aux abords des chemins.

En plus de garder le troupeau, une autre tâche bien agréable nous est assignée: livrer les oeufs dans les petits villages environnants. Conduire la voiture sur les minces routes sinueuses des flans de reliefs escarpés n'est pas naturel pour quiconque s'est habitué à rouler sur les larges chaussées nord-américaines. Combien de fois, chaque jour, lorsque nous croisons une voiture qui dévore follement un virage, je me dis intérieurement (pour ne pas apeurer Klémentine!) "ça ne passera pas!"... mais sans mal. Chaque petit centre de village, café-tabacs et boulangers imbriqués sur des places aux platanes énormes, me surprend par son cachet et son rythme de vie quasi parfait. Je me dis que tout cela me manquera lorsque je serai revenu au pays des longs hivers.

Avec le début de la chasse au sanglier cette semaine et avec la vocation de nos hôtes envers le "règne animal", ni l'un ni l'autre n'avions été exposés à tant de viande de notre vie... disons que nous nous habituons tranquillement à la réalité de cette étape de la vie que nous appelons la mort! Quotidiennement, des cadavres arrivent et repartent, se cuisinent et se consomment (il faut mentionner que Klémentine et moi sommes presque exclusivement végétariens et que nous ne cuisinons jamais de viande à la maison, histoire de ne pas être en contact avec des animaux morts... sans fanatisme cependant). Nous avons appris à plumer et vider une poule (je vous promets un vidéo!). Nous avons assisté à la mise à mort de chevreaux, poules et canards.

Le propriétaire de la ferme est arrivé un soir avec son butin de chasse, une tête de sanglier avec le foie, le coeur ainsi qu'une grosse cuisse (la bête pesait 96 kilos!). Les histoires de battues qu'il nous raconte à table sont impressionnantes, elles me font voir un autre côté d'un "sport" que je méprisais complètement jusqu'à il y a quelque temps. C'est certain que c'est triste, mais si on en mange, il faut accepter ce fait de tuer.


Chaque moment nous est si précieux, si riche en découvertes et en rencontres. Encore aujourd'hui, nous ne savons pas où et ce que nous allons faire en partant d'ici à la fin du mois. Ouverts, il ne peut que nous arriver des merveilles.

04 août 2007

Cela fait presque deux semaines que nous sommes partis et voilà la première fois que je croise de quoi vous donner des nouvelles.
Arrivés en Ardèche, nous avons rapidement rencontré des gens particulièrement gentils et hospitaliers. Ballades dans le creux de volcans depuis longtemps endormis d'où coulent des centaines de sources pures (ah! quelle merveille pour le thé!... Lu Yu lui-même en jubilerait, j'en suis certain!), visites de petit villages médiévaux lovés dans les rochers, beaucoup de temps à pratiquer le "non-agir" évachés sur nos matelas de camping à l'ombre des arbres. L'Ardèche m'a agréablement surpris par la beauté très diversifiée de ses paysages mais surtout par la gentillesse "rustique" de ses habitants.

Ayant senti l'envie de descendre plus au sud, notre périple nous mène maintenant dans les Cévennes dans une petite chèvrerie artisanale où nous comptons passer le mois d'août afin d'apprendre essentiellement à garder les chèvres dans les collines et à fabriquer le fromage à partir de leur lait.

La famille qui nous accueille est très ouverte, nos conversations aux accents chantants sont très riches. Loin des foules de touristes envahissant le Sud de la France l'été, ici c'est la belle vie de la campagne provençale. La maison de pierre entourée d'oliviers, de buis, de chênes verts, est fraîche malgré la chaleur intense du soleil. Les poules et les canards en liberté picossent les chemins. Les cloches des chèvres résonnent dans la colline qu'une ruine de château surplombe.

Nous faisons des confitures d'abricot et de mûres, les figues seront bientôt prêtes. Les odeurs de la nature (et de la ferme!) me rappellent des thés dégustés peu de temps avant mon départ... comme ces thés me manquent!

A bientôt!